Entre nos déambulations quotidiennes, nos allers retour incessants entre la Croisette et l’appartement, et la course folle aux tickets d’invitation, il y a quand même des moments où William et moi, on était bien content de se poser les fesses dans une salle pour regarder un film. Surtout quand il était bon. Et en l’occurence, celui dont je vais vous parler ce matin, The Lunchbox, est aussi délicieux dans son visuel et son histoire, que par les mets qu’il nous proposait à l’écran.

Parce que oui, The Lunchbox, c’est une histoire de bouffe.
Plus précisement, une histoire d’amour avec la bouffe.
Je dirai même plus... une histoire d’amour sur fond de bouffe.

Voilà, je pense que je peux retourner me coucher, ma chronique est finie, j’ai tout résumé.

Non plus sérieusement, c’est un film qui fait du bien, pour la simplicité de son histoire, les personnages attachants, les décors colorés... Et cette rimbambelle de plats qui défilent sous nos yeux et nous donnent l’eau à la bouche. Je me souviens, lors de la séance officielle en présence de l’équipe du film, l’homme qui présentait nous a clairement dit «J’espère que vous avez mangé avant de venir. Vous allez souffrir sinon». Et il a eu raison. Les crampes à l’estomac, et les gargouillements se sont fait entendre lors de cette séance.

 

Auto-flagellation du matin, coucou.

Je vous laisse donc le synopsis :

Une erreur dans le service pourtant très efficace de livraison de lunchboxes met en relation une jeune femme au foyer et un homme plus âgé, au crépuscule de sa vie. Ils s’inventent un monde à deux grâce aux notes qu’ils s’échangent par le biais du coffret repas. Progressivement, ce rêve menace de prendre le dessus sur leur réalité...

De prime abord, cette histoire est touchante. D’une part parce que la jeune femme, interpretée par Nimrat Kaur cette femme est juste magnifique, mais genre vraiment, est très nature à l’écran, on la voit tour à tour triste, déçue, emballée, on la voit reprendre espoir, s’accrocher à la vie, à son panier repas. J’ai beaucoup aimé son personnage, à la fois fragile et d’une force sans pareille pour continuer à vivre dans le non-dit, à la fois vive et abattue. Un personnage tout en paradoxes.

 

Je le trouve tellement belle. Rien à voir avec les beautés classiques cannoises...

Et puis, la relation étrange qu’elle entretient avec cet homme plus âgé, lui aussi désabusé, qui vit son quotidien sans chercher à le changer, et qui voit l’arrivée de sa nouvelle lunchbox comme un renouveau total. Il y a un côté «virtuel» déconcertant. Les deux personnages ne se sont jamais vu, ne connaissent rien de l’un ni de l’autre, et pourtant, ils sont connectés, comme relliés par un lien invisible qui les retient. A l’heure du virtuel et des rencontres numériques, l’échange papier des deux personnages est revigorant, frais, presque naïf, mais vraiment touchant, encore une fois.

On rigole aussi. Plusieurs fois. A cause d’un collègue un peu niais, toujours le sourire aux lèvres, qui réclame sa formation. A cause d’une voisine qu’on ne voit jamais et qui passe son temps à donner des conseils culinaires et à parler des couches de son mari dans le coma j’avoue que dit comme ça, c’est pas drôle, mais dans le film, ça l’est. A cause de certaines expressions de l’acteur principal, en mode blasé de la vie.

 

Allez, un petit sourire pour la caméra.


Et puis... La nourriture indienne.


Bon sang, si j’avais vu ce film chez moi, j’aurai demandé à ma maman de nous faire de l’indien, parce que je vous jure que ça donnait vraiment envie ! Déjà visuellement, les couleurs, les formes, les matières, tout rend bien à l’écran. On aurait dit des peintures abstraites. Si j’avais été millionnaire, je serai sortie de la séance avec un mégaphone, et j’aurai invité tout le monde à venir manger indien. Mais comme c’est pas le cas... Je me suis contentée d’une assiette de pâtes et des knakis. La vie est belle.

Pour conclure, je conseille ce film à tout le monde, aussi bien les amateurs de grande cuisine gastronomique que les dingues de junk food, les fans de comédie comme ceux qui préfèrent la réflexion et la philosophie. Vous en sortirez ravi(e).

La stagiaire infernale