Et un petit article cannois pour la route, un !

Il y a encore tellement de choses à raconter sur Cannes et son festival que je ne sais plus par quoi commencer… Mais s’il y a bien un truc dont je ne vous ai pas encore parlé, ce sont les Cannois. Alors bien sûr, on s’éloigne un peu du post de cinéphile accomplie que je suis, mais je ne résiste pas à l’envie de vous parler un peu des différents « cas » rencontrés lors de mes différentes venues au festival. Pour le plaisir. Et surtout, parce que c’est rigolo. Et que des fois, on a besoin de rire dans la vie. A prendre au millième degré.

 

PREMIER CAS : la mère de famille obsédée par sa progéniture.

 

C’était il y a quatre ans, lors de mon deuxième festival. Avec des copines, on faisait la queue pour aller voir un film en compétition le soir, un film plutôt attendu par la critique puisqu’il s’agissait de KABOOM de Gregg Araki si vous ne connaissez pas ce film monstrueux, je vous laisse la bande-annonce, histoire de rester cinéphile, un petit peu. En attendant de rentrer, nous sympathisons avec une femme. Grande, blonde, un poil botoxée pour ne pas dire liftée à mort, elle porte une longue robe rouge, et un maquillage à peine outrancier. Dans son genre, elle est plutôt pas mal. « J’ai reçu des invitations de la mairie. Ça fait 10 ans que j’y travaille. J’ai des petits pass droit maintenant. » nous explique-t-elle.

 

Yé souis trop fan.

A ses côtés, un gamin. Il doit avoir dix ans, les cheveux châtains, coiffés mais pas trop. Il porte un costume bleu, parfaitement adapté à sa taille. Il nous sourit, mais semble totalement dépassé par la situation. Je me demande encore ce qu’il foutait là. A première vue, KABOOM n’avait rien d’un film pour enfants, surtout quand on connait un peu la thématique récurrente d’Araki et sa fascination pour la jeunesse, ivre d’alcool, de substances illicites, et surtout de sexe. Mais elle n’avait pas l’air choquée d’emmener son fils, bien au contraire. Et c’est là qu’elle a commencé son spitch. « Oui, c’est mon fils qui a dessiné son costume tout seul. Il adoooooore la mode, voyez-vous. Je pense que je vais lui payer une école de stylisme, à Paris. Pour la capitale de la mode. Mais je ne suis pas encore sûre, il a d’autres talents somptueux. Par exemple, c’est un virtuose du piano. Il sait déjà tout jouer. Un vrai génie ! Bien sûr, il adore le cinéma, il réalise des courts-métrages. Il a aussi écrit des romans, et est en ce moment sur un projet de BD. N’est-ce pas chéri ? »

Le petit a souri, a hoché la tête, et tandis qu’elle continuait son spitch (« Il est aussi très généreux, il fait des dons un peu partout, comme par exemple… »), il m’a regardé avec un air désabusé, totalement perdu, en mode MAISQU’ESTCEQUEC’ESTQUECEBORDEL. Le pauvre.

 

Exactement tout comme Britney.

 

DEUXIEME CAS : la starlette qui se prend pour une déesse.

 

Alors ça oui, c’est un peu le quotidien de Cannes, on en voit tous les ans, tous les jours, et à toutes les heures et chaque année, c’est la même rengaine. Des filles, souvent jeunes, voire très jeunes, qui paradent sur la Croisette dans l’espoir d’être repérées pour leur charme par un producteur américain/ de rencontrer un mannequin, un footballeur et filer le parfait amour avec lui sur un bateau de luxe/ d’être prises en photo peu importe le magazine. Il y en a des dizaines comme ça. Certaines passent même leur journée entière à faire des allers retours sur la Croisette avec leur talon de 15cm, leur démarche de rêve, et leurs plus beaux atours. Ou plutôt leurs ampoules aux pieds, leur démarche peu assurée après 2h de marche, et leur robe achetée avec plus d’un an de salaire du Quick.

Nan, bon, j’exagère, mais c’est vrai qu’on en trouve beaucoup. Et ce qui est drôle, c’est que c’est toujours le même cinéma - pour le coup, on ne peut pas leur reprocher d’être de grandes actrices en devenir – par bande ou en solitaire, elles marchent lentement, gloussent, s’arrêtent toutes les 5 minutes pour prendre des photos (« Attends, une poubelle cannoise ! Allez vas-y, je fais ma belle dessus ! ») lancent des œillades tout à fait discrète aux beaux gosses de passage… Bref, elles vendent du rêve.

Les reines de ce groupe ? Les candidates de télé-réalité, à la Secret Story et compagnie, les meufs qui n’ont rien fait de leur vie si ce n’est une chanson de daube et se taper le fils d’une chanteuse à la renommée internationale moi ? Penser à Afida Turner ? N’importe quoi, ou encore, la Queen d’entre les Queen oui, parce que le bilinguisme, c’est matière courante chez les jeunes starlettes, sinon comment tu veux qu’elles hurlent « I love you » à Robert Pattison sérieux ?, Nabilla. Parce que selon ses dires, « je représente la jeunesse d’aujourd’hui ». Allons bon. En voilà une grande nouvelle.

 

C'est pas gentil de se moquer quand même.
 

Existe aussi en version cinquantenaire, avec un peu de rondeurs au niveau des hanches, un masque de fond de teint pour cacher les ridules, et un sourire assuré, parce que vous comprenez, c’est l’expérience.

 

TROISIEME CAS : le journaliste

 

En fait, le journaliste, c’est un peu LE CAS à part entière du festival de Cannes tellement il y aurait de choses à dire sur cette catégorie de personnes, que j’envie en secret, mais dont je ne parlerai pas sous peine de passer pour une grosse jalouse de première. Il faut déjà savoir qu’à Cannes, le badge presse est roi, et surtout maître sur tout le monde. Oui, c’est ça que ça veut dire : que tu as beau avoir fait une heure trente de queue, s’il y a un journaliste qui déboule en retard avec son sésame et son excuse à la « Sorry, I was in interview », et bin il passera toujours. TOU-JOURS. Et toi, t’auras les boules

Avec mon badge du marché, j’ai déjà connu une nette amélioration en termes d’attente dans les files d’attente, je passe plus facilement qu’avec mon badge cinéphile, j’ai même eu accès à de nouvelles salles et tout et tout… Mais alors ces journalistes, quel fléau ! Je me souviens d’une séance que je voulais absolument me faire, « Jimmy P », le film en compétition d’Arnaud Desplechin, qui était rediffusé dans la salle du 60ème. Et dieu sait que je voulais le voir ! Le temps de me changer vite fait bien fait, et hop, j’étais partie en territoire inconnue, la jungle cinéphile ! TU PARLES. La file d’attente de journalistes était tellement longue, qu’on m’a déconseillé de faire la queue. Direct. Bim. Et en prime, le petit sourire complice d’un journaliste beau gosse qui passe devant, toi, mendiant du badge précieux.

Mais un jour, moi aussi, je ferai partie de cette catégorie. Foi de Mathilde Colleter.

 

Et voilà pour aujourd’hui ! Je me suis tellement amusée sur cet article, et j’ai encore pas mal de cas à présenter que du coup, je me dis que je me ferai bien une série d’articles sur le sujet, les cas de Canne ouh, le nom de rubrique à la con. Et comme dirait l’autre… C’est tout. Pour le moment. 

La stagiaire infernale